L’aponévrosite plantaire

piedsElle est gênante et même douloureuse. Vous la traînez comme un caillou dans votre chaussure. Le mal est bénin, mais pourtant il en dit long sur votre état de santé et les complications peuvent devenir réellement handicapantes. Focus sur l’aponévrosite du pied et son traitement en shiatsu thérapeutique.

 Définition

L’aponévrosite plantaire est l’inflammation ou la lésion, de l’aponévrose plantaire, elle est connue également sous une autre appellation : la fasciite plantaire.

L’aponévrose plantaire superficielle se présente sous une forme triangulaire dont le sommet est postérieur (en arrière du pied).

Pour les spécialistes, cette aponévrose va de la tubérosité postéro-interne du calcanéum, à la face plantaire des articulations métatarso-phalangiennes, c’est-à-dire qu’elle s’insère en arrière et à l’intérieur du pied (niveau du talon) pour sa partie étroite, et pour sa partie large vers l’avant du pied.

Elle est constituée de trois parties :

  • coupe piedUnepartie interne.
  • Unepartie moyenne.
  • Unepartie externe qui est le plus souvent responsable de l’aponévrosite.

 

Les symptômes de l’aponévrosite plantaire sont :

  • Une douleurmodérée, mais dont l’intensité augmente au fil du temps (des mois voire des années). Le plus souvent, on constate à la palpation, des douleurs localisées à la face plantaire du talon, et quelquefois à la face latérale interne, qu’il est possible quelquefois de déclencher en appuyant sur le dessous du pied, ou en serrant le talon ou l’arrière pied dans sa main.
  • On constate une limitation du périmètre de marche (la distance effectuée par le patient est de moins en moins importante).
  • Certains patients nécessitent undérouillage matinal.
  • Quelquefois le patient déclare une symptomatologie douloureuse nocturne (survenue de douleurs la nuit).Chez le sportif de haut niveau, on constate une impotence fonctionnelle majeure.

Diagnostic en médecine chinoise

Premier indice, de toute évidence une pathologie de la voûte plantaire indique clairement une déficience énergétique du Rein, ceci pouvant se comprendre dans le sens où il s’agit du seul méridien principal (Jing Mai) qui traverse le dessous de votre pied.

De plus, les douleurs apparaissent sur :

1R – Yong Quan : avec sensation de tiraillements des tendons. A la palpation ils sont clairement contractés et peuvent se dessiner sous la peau. Pas étonnant, car il s’agit du point Ting, Bois du Rein.

et 2R – Ran Gu : où une inflammation peut se manifester : point Rong, feu.

palpation pied

Seconde logique, la sphère tendino-musculeuse est atteinte. Rappelons que c’est l’énergie du Bois, c’est-à-dire Foie/Vésicule Biliaire qui intervient sur la bonne régulation de cette partie de notre organisme.

Ainsi nous avons donc clairement, un trouble tendineux avec un symptôme de plénitude. D’emblée nous pouvons nous questionner sur la relation mère/fils du Rein/Foie. La palpation des pouls nous donnera une indication supplémentaire pour affirmer notre hypothèse. Pouls de surface, en corde, avec prédominance du foyer moyen et surtout du côté gauche au pouls VB/Foie. Nous constatons également un pouls ténu, fin et profond au foyer du Rein.

 

Traitement pratique

La sagesse chinoise stipule que puisque nos pieds et nos jambes nous portent sur la Terre, ils doivent être forts et en bonne vitalité. Ainsi, tous signes de fatigue commenceront par une atteinte des jambes ; ne dit-on pas « avoir les jambes coupées » lorsque nous sommes épuisés ?

Lors de l’interrogatoire, certaines personnes pourront confirmer cet état de fatigue ; tandis que d’autres, emportés dans leur élan de la vie, ne s’en rendront pas nécessairement compte. C’est au praticien de leur souligner qu’il serait peut-être temps de se relâcher (à l’image des tendons) et de « lever le pied » avant la cassure.

La stratégie de traitement consistera donc à regonfler l’énergie rénale et à apaiser l’activité yang de notre patient en pondérant son bois.

Nos pressions seront lentes, profondes, apaisantes afin d’inscrire le calme et la décontraction dans le corps du receveur.

Le travail plantaire sera évidemment prépondérant à notre shiatsu, en « barattant » bien la plante du pied. Des pressions appuyées et profondes sur Yong Quan. Pensez également au travail du calcanéum, extrêmement décontractant et toujours apprécié du Jusha (le receveur). L’intention sera focalisée sur le vouloir – Zhi, le Shen du Rein – de regonfler les Reins épuisés par cet enfant Foie. En revanche, si une inflammation a lieu sur le 2R, évitez par précaution la pression, car celle-ci peut parfois s’avérer douloureuse et léser davantage  les tissus

 

La suite consistera à détendre les méridiens Vésicule Biliaire et Foie.

Yang Ling Quan – 34VB est le point Hui des tendons et Hô du méridien. Il purifie la chaleur et assouplit les tendons. Le 33VB a également cet effet.

L’aponévrosite est comme son nom l’indique une inflammation, ceci est dû en médecine chinoise à un appauvrissement/assèchement des liquides. Afin d’humidifier et nourrir les tendons, le sang doit bien y circuler et pour cela il est important de tonifier le Yin du Foie.

Les points :

  • 8F-Qu Quan (intéressant, car point Hô/Eau du Foie c’est-à-dire tonificateur annuel du Foie. Comme point eau, élément des Reins, il nourrit donc le Yin),
  • 18V-Gan Shu

ont cette fonction.

Mais là encore, un bon travail des points de la VB et du Foie sur le pied permettra un assouplissement articulaire et tendineux. Pensons à l’utilisation conjointe en dispersion du 42 VB – Di Wu Hui et du 3F-Tai Chong en pression maintenue.

Attention, Il est primordial de travailler les deux pieds. D’un, parce qu’il est vital dans notre pratique de ne pas s’attacher qu’aux symptômes, qui parfois cachent un problème plus profond ; et de deux, pour une question logique d’équilibre du corps. Le côté non douloureux du patient sera de fait beaucoup plus sollicité dans les appuis et entraînera également à terme des troubles musculo-squelettiques.

N’oublions pas non plus d’orienter le patient sur une alimentation adaptée, moins yang, en réduisant l’apport de viande (surtout rouge), d’épices et condiments, et peut-être parfois d’alcool qui brûle les liquides internes et lèse les tissus.

Auteur : Olivier Vaillant – Comité de lecture : Bernard Bouheret, Jean-Marc Weill