Shiatsu et migraines

migraines-shiatsuLes migraines sont une véritable plaie pour qui en est victime. Douleurs au crâne, au cerveau, aux yeux, intolérance à la lumière et au bruit, sans parler de l’état psycho-émotionnel dans lequel on se trouve alors. Clairement, tout est mieux qu’une migraine sévère. Le réflexe est souvent de prendre des cachets puissants, pourtant, le shiatsu peut aider les personnes souffrantes.

Auteur : Ivan Bel

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Tout d’abord, rappelons avec une image la différence qui existe entre une migraine et un mal de tête. Le mal de tête donne l’impression d’avoir une bande serrée autour de la tête. Généralement une aspirine ou un paracétamol fluidifie le passage du sang et tout rentre dans l’ordre au bout d’une heure. Une migraine en revanche représente une douleur puissante, qui donne l’impression d’avoir le cerveau directement dans un étau. Cette douleur est insupportable, peut faire pleurer, grincer des dents de souffrance et aller pour certaines personnes jusqu’à de petites pertes de conscience.

L’approche du shiatsu

Le shiatsu n’est jamais aussi bon que dans son rôle de thérapie préventive. Lorsqu’on connaît ses points faibles, il est toujours plus simple de prévenir l’apparition d’un symptôme que d’y faire face lorsque la tempête fait rage. La prévention c’est un peu comme l’entretien d’un jardin. Si vous coupez l’herbe régulièrement, vous aurez toujours un entretien facile, ne serez pas envahi et pourrez marcher librement pour profiter de votre espace vert. En revanche, si vous attendez que l’herbe face 50 cm de haut les tiges seront plus dures à couper, la masse de végétaux plus importante et votre tondeuse risque de ne plus suffire à la tâche. De plus, généralement, le sol que l’on découvre ainsi est remis à nu ce qui n’est jamais bon. C’est le même principe lorsque l’on traite un symptôme au plus fort d’une crise. Il est possible d’obtenir un effet antalgique sur une migraine, mais le problème de fond n’est pas réglé pour autant.

La douleur d’une migraine peut avoir différentes origines. La première est mécanique. Elle est due à un excès de tension de la nuque (stress) qui va bloquer le plateau de la première (et/ou seconde) cervicale, tirer sur la base du crâne et créer une tension sur le cervelet. Dans les cas les plus forts, le cervelet qui est aussi lié au nerf optique, va créer une douleur jusque dans l’œil. À problème mécanique, réponse mécanique et un massage de détente en profondeur des tissus musculaires va commencer à relâcher les tensions. Dans certains cas cela suffit, surtout si l’intervention se fait très tôt dans le processus migraineux.

Mais la migraine peut avoir également ses racines dans des troubles organiques, notamment en raison de la présence de toxines liées à l’environnement, à la mauvaise qualité de l’alimentation, aux allergies alimentaires, au stress sous toutes ses formes, aux régimes trop gras, à la détresse émotionnelle… Tout cela affecte des organes tels que le gros intestin, les reins, la vessie, la rate, le foie, la vésicule biliaire ou encore l’estomac. Autant dire presque tous les organes du corps. Il est possible bien sûr de trouver des typologies dans les migraines. Il y a les migraines liées aux cycles des hormones chez les femmes, celles qui débutent par les yeux et/ou le front ou encore celles qui démarrent à l’arrière de la tête. Il ne faut pas oublier les migraines qui démarrent sur les côtés notamment au niveau des tempes. On observe également des migraines qui s’amplifient à partir du sommet du crâne et s’étalent sur toute la surface avec une sensation de tension intérieure assez pénible.

Discerner les tableaux pathologiques

Cet article n’a pas pour but de faire un cours sur les céphalées et migraines. C’est le rôle des enseignants de shiatsu que de former correctement les étudiants pour savoir ce qu’il faut faire dans ces cas-là. Et surtout à sans se tromper. En effet, il est assez facile d’aggraver une migraine si l’on s’y prend mal. N’hésitez donc pas à contacter l’un des écoles de shiatsu thérapeutique, elles enseignent toutes une trentaine de pathologies dont celles-ci.

Toutefois, il est toujours bon de connaître un minimum de choses. Dans chaque cas, le thérapeute shiatsu peut faire des rapprochements entre les zones réflexes de la tête et les méridiens afin d’affiner ainsi la réponse à apporter. Pour cela, il suffit de poser la question de la zone anatomique d’où part la douleur.

  • les yeux = Foie
  • le front = Estomac
  • l’apex = vide de Sang du Foie
  • latéral = Vésicule Biliaire
  • arrière du crâne = Vessie

Avec ces simples connaissances, vous allez pouvoir déjà améliorer votre séance de shiatsu et avoir un effet plus efficace. Mais le mieux est de s’aider d’un bon livre comme le tome 2 de Maciocia par exemple, « La pratique de la médecine chinoise ». Là vous aurez tous les symptômes et les traitements précis pour chaque cas, car il en existe dix-huit. Il ne vaut donc mieux pas se tromper.

Une solution miracle ?

Cas pratique : « un adolescent de 15 ans vient me voir pour une migraine persistante avec aura depuis 10 ans. Il prend des médicaments très forts 3 fois par semaine et doit manquer l’école au moins une fois par semaine sinon plus. Dans ces cas-là, les symptômes vont de la photophobie jusqu’au vomissement. Le point de départ de la douleur est toujours les yeux, puis cela se propage en latéral pour finir à l’arrière de la tête. Sa mère ne sait plus quoi faire malgré les nombreux séjours dans des services médicaux spécialisés. L’observation et la palpation du hara révèlent un foie dans un état de surtension. En deux séances de shiatsu, appuyée par un drainage hépatique de trois semaines en phytothérapie, les migraines sont devenues un simple mal de tête léger et une seule fois par semaine. Après la 3ème séance tous les symptômes avaient disparus. Le fait d’avoir écarté la mère dès la deuxième séance a également permis de faire parler l’adolescent sur ses sentiments, notamment son sentiment d’être bloqué familialement. Il ne faut donc jamais oublier l’aspect psycho-émotionnel et ajouter les points de pression qui aident à soulager les tensions émotionnelles. Jusqu’à aujourd’hui, je n’ai pas revu ce jeune homme qui a pu reprendre sa grande passion : le basket. »

Si ce cas démontre bien la puissance du shiatsu associée à la médecine chinoise, il faut toutefois rester humble face aux migraines. Ce mal est puissant, surtout chez les personnes qui y sont sujettes de manière chronique. La médecine est aujourd’hui encore en train de progresser et d’étudier ce phénomène, mais bien des zones d’ombres restent présentes dans le traitement des migraines. L’origine est-elle sanguine, nerveuse, hormonale ? La science a encore du pain sur la planche à ce sujet. Le shiatsu lui aussi n’est pas une réponse absolue, loin de là. Dans bien des cas c’est une longue lutte de longue haleine qui nécessite de déployer toutes les subtilités de l’art avec de nombreux conseils sur le mode et l’hygiène de vie, l’alimentation, la gestion émotionnelle, la respiration et ainsi de suite.

Quelques conseils à retenir

  • Bien penser qu’un shiatsu aux effets antalgiques n’apporte pas de solution, mais un confort temporaire.
  • Au plus fort d’une crise migraineuse, mieux vaut éviter de se faire traiter, car on risque d’empirer les choses.
  • « Mieux vaut prévenir que guérir », dit le dicton populaire. Agissez avec un shiatsu de fond quand tout va bien plutôt qu’en phase de crise.
  • Tenez compte de l’environnement familiale, professionnel, affectif de la personne. Pensez également au rythme de vie, à l’intensité du stress, à l’hygiène alimentaire et à l’activité physique.
  • Sachez qu’une personne qui boit beaucoup de café, mange sucré, ne fait pas de sport, fume, respire mal et possède un travail stressant a 10 fois plus de chance d’être rapidement mal en point et de déclencher une migraine qu’un sujet lambda.
  • Découvrez éventuellement les enjeux psycho-émotionnels. Rappelez-vous toujours que la douleur à souvent un sens. Elle exprime généralement ce que le corps veut dire. D’ailleurs, ce petit jeu de mots – si vous ne le connaissez pas déjà – vous permettra de vous le rappeler : la maladie = le mal a dit.